La moitié des emplois menacés chez Presstalis

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La moitié des emplois menacés chez Presstalis

Message  Admin le Lun 8 Oct - 16:46

La moitié des emplois menacés chez Presstalis

Presstalis (ex-NMPP), première messagerie de presse en France, vient d’échapper de peu au redressement judiciaire. Mais le sauvetage est assorti d’un lourd plan de suppressions d’emplois. Notamment dans le dépôt de la SAD, à Vénissieux, ou travaillent 76 personnes.

“Vous n’imaginez pas l’effervescence qu’il pouvait y avoir ici dans les années quatre-vingt-dix. C’était une véritable ruche.” Michel Thomas, trente ans de boutique, délégué CGT, ne verse pas dans la nostalgie d’une époque où les cadences de travail étaient bien plus dures. Mais au moins l’activité était-elle assurée. La presse écrite payante n’avait pas encore cédé sous les coups de boutoirs des gratuits et d’internet.
Aujourd’hui, le vaste entrepôt de la SAD (Société d’agence et de distribution, filiale de Presstalis), situé au bout de la rue Sentuc, en limite de Saint-Fons, paraît surdimensionné. “On ne nie pas que les temps sont durs pour la presse, mais là c’est notre survie qui est en jeu. Le plan proposé par la direction ne se contente pas de supprimer la moitié des emplois, il nous enlève les rares atouts dont nous disposons encore. Ce n’est pas le choix entre la peste et le choléra qu’on nous propose, c’est les deux. Si ces décisions deviennent effectives, c’est la mort assurée à terme.”
Ces décisions font partie intégrante du plan sauvetage de la société, validé le 5 octobre par le tribunal de commerce de Paris. Le juge a approuvé un accord tripartite signé entre Presstalis, les éditeurs de presse et l’État, dont le coût est estimé entre 230 et 250 millions d’euros. Il doit permettre au premier distributeur français de survivre au-delà de 2015, malgré la baisse des ventes estimée à – 25 % sur les quatre prochaines années. Outre 1200 suppressions d’emplois sur un effectif global de 2500 personnes, il prévoit une refonte en profondeur de la filière, en vue de réaliser de substantielles économies. Prestaliss devra notamment céder un certain nombre de dépôts aux MLP, la messagerie concurrente.
À la SGLCE-CGT (le syndicat du Livre, ultra-majoritaire dans le personnel) du dépôt de la rue Sentuc, c’est peu dire qu’on ne croit pas à l’efficacité de ces mesures. “Dans cette refonte nous allons perdre la distribution des périodiques, la partie la plus rentable de l’activité, se désole Claude Baronnier, qui a presque autant de bouteille que son collègue Michel dans l’entreprise et le syndicat. Il ne nous resterait que les invendus et les quotidiens qui vont très mal, comme chacun sait. Cela fait plus de 20 ans que nous subissons des plans de restructuration. Nous avons la conviction que l’on veut maintenant nous porter l’estocade. Au-delà des emplois, c’est notre statut et ce que représente Presstalis d’un point de vue historique qui est visé.”

Enjeu démocratique
Car Presstalis n’est pas n’importe quelle entreprise. Elle est l’héritière des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), mises en place au sortir de la guerre par les éditeurs de la Résistance avec la loi Bichet du 2 avril 1947. Cette loi stipule notamment “l’obligation, pour ceux qui souhaitent grouper leur distribution, de se constituer en coopératives afin de garantir l’égalité de traitement.” C’est ce que l’on appelle le système péréqué. Il garantit à un quotidien au tirage confidentiel de bénéficier des mêmes conditions de distribution qu’un gros tirage. “L’enjeu est également démocratique, souligne Michel Thomas. Sans la loi Bichet, que resterait-il de journaux comme “La Croix”, “l’Humanité”, ou même “Libération” ? Seuls les gros, les puissants pourraient continuer à éditer des titres.”
C’est l’une des raisons qui ont conduit le maire de Vénissieux, Michèle Picard, à s’engager à écrire au ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et à son homologue de la Culture et de la Communication, Aurélie Filipetti, pour leur demander de ne pas avaliser le plan de la direction et de protéger le système de distribution de la presse.
Depuis près d’un mois, les salariés de la SAD sont entrés dans l’action. Ou plutôt les actions : grève ponctuelle, blocage de la production, blocages de titres… La nuit où nous étions en reportage, c’est le magazine Marianne qui est resté à quai. “Chaque jour on s’adapte, précise Claude Baronnier. Depuis le début du conflit la direction essaie de nous contourner en permanence. Elle n’hésite pas à organiser des plateformes de distribution sauvage à proximité des imprimeries. Mais nous sommes vigilants et déterminés à nous battre.”

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